Le Maître de laque

Long métrage documentaire, écrit par Bastien Robilliard et Christophe Castagne, en développement

Le Maître de laque

A travers le fascinant destin du maître-laqueur Vincent Cazeneuve, un voyage inédit dans une Chine intemporelle et méconnue, à la rencontre des artisans et des artistes de la laque.

LE MAÎTRE DE LAQUE

un film documentaire de Bastien Robilliard et Christophe Castagne

Dans les montagnes de Chengkou, au centre de la Chine, vit un artiste fascinant. Il est français. Il s’appelle Vincent Cazeneuve, mais là-bas, tout le monde le surnomme « Wensen Qi ».
« Qi » est le nom d’une substance unique et mystérieuse qui s’écoule des forêts de Chengkou : la sève d’un arbre, plus connue sous le nom de laque végétale.
La laque brute est toxique. Elle contient un allergène puissant pouvant provoquer de graves réactions cutanées. Pourtant, elle est utilisée en Chine depuis des milliers d’années. Grâce à ses propriétés naturelles, elle protège les objets en bois des dommages de l’eau, du feu et des insectes. Des outils aux armes, des habitations aux cercueils, la laque a joué un rôle essentiel dans le développement de la civilisation chinoise.
Au fil des siècles, d’autres propriétés ont été découvertes. Grâce à des techniques appropriées, la laque révèle une texture douce et soyeuse, ainsi qu’une profondeur et une brillance incomparables. Elle devient dès lors un médium privilégié des artistes chinois.
Vincent a reçu ce nom il y a vingt ans, lorsqu’il s’est installé en Chine et a décidé de consacrer sa vie à l’étude et à la pratique de ces techniques ancestrales, qui permettent de transformer cette matière brute et visqueuse en une forme d’art d’une grande délicatesse.
Il est aujourd’hui un « Maître de laque », reconnu et respecté par ses pairs chinois. Dans sa quête constante d’une compréhension toujours plus fine de la matière, Vincent entreprend une nouvelle œuvre qui poussera encore plus loin son exigence et son engagement.
Il vit parmi les paysans, dont les corps sont brûlés et les mains noircies par le contact quotidien avec la sève toxique. Avec eux, il s’enfonce toujours plus loin dans les forêts sauvages de Chengkou, escalade les arbres et incise les troncs pour recueillir quelques gouttes de la laque la plus pure.
Dans la vallée verdoyante de Panlong, Vincent récolte le ramie, une plante qui fournit une fibre longue et résistante qu’il apprend à tisser. Dans la cour de sa ferme, assis devant son métier en bois, il entrelace les fils pour créer la toile de sa nouvelle œuvre.
À la recherche des pierres de cinabre — le mythique pigment du « rouge chinois » — il explore les mines abandonnées du Guizhou et découvre les vestiges du temple de Baowang, divinité oubliée du cinabre.
De retour à sa ferme de Chengkou, Vincent broie les pierres, morceau par morceau. Il applique la laque, couche après couche, dans un geste sans fin.
Enfin, l’œuvre se révèle. On la parcourt lentement, comme on survolerait des paysages. Ceux traversés par Vincent : les forêts sombres de Chengkou, la vallée verte de Panlong, les falaises rouges du Guizhou. Et le monde de Vincent tout entier.
Vincent me fascine. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi engagé. Il n’est pas un rêveur. Il vit dans un monde très concret. Il accepte la réalité et la nature des choses, mais ne s’y soumet pas. Il les affronte pour les comprendre, les transformer, les dompter, pour les intégrer à sa propre nature.
C’est un dialogue constant entre un homme et une matière.
Et plus la laque révèle sa beauté, plus Vincent trouve sa place dans le monde.

Bastien Robilliard – Pitch It!

ScénarioB.Robilliard et C.Castagne
RechercheB.Robilliard